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Jolie Rencontre #2 : Romain de Artbeat

Romain est le cofondateur de Artbeat, la plateforme sociale pour les artistes dont je vous avais déjà pas mal parlé dans cet article-ci, à l’occasion de leur évènement multi-disciplines Into the Wild du 18 juin dernier. C’était une super soirée où j’ai pu voir une expo et assister à des concerts de jeunes artistes sélectionnés par Artbeat. J’ai fait de bien belles découvertes et je puis vous dire que l’organisation de la soirée était assez dingue ! Une très belle surprise donc, dont il fallait absolument que je vous parle.

En voyant cette réussite et cette passion au cours de l’évènement, je n’ai pas pu faire autrement que me questionner. Qui pouvait être derrière tout cela ? Quelle personnalité, quel caractère, quel âge aussi… J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec Romain, jeune entrepreneur plein d’idées et bourré de dynamisme. Nous avons échangé plusieurs mails après nous être vu IRL à la soirée, et Romain a accepté de répondre à toutes mes questions.

logo ArtbeatJe suis émue de vous présenter l’édition #2 de notre rubrique “Jolie Rencontre” (édition #1 à relire ici). A la base, je ne savais pas trop ce que j’allais faire de cet article. Je voulais vous parler de cette rencontre, c’était certain, mais je ne savais pas trop quelle forme allait prendre ce compte rendu. Et puis en lisant les réponses de Romain, claires, directes, franches et pleines de passion, j’ai réalisé que parfois il n’est pas nécessaire de faire de longs discours. Je préfère vous laisser profiter de ses mots à lui, ils sont beaucoup plus justes que ceux que je pourrais trouver pour vous parler de son projet.

Passionnés de nouvelles technologies, amoureux des arts ou futurs créateurs d’entreprise, cette interview est pour vous !


Marine : Comment t’es venue l’idée de créer Artbeat ? Vous étiez plusieurs ? C’était quoi votre rêve ? Concrètement, comment ça fonctionne (fonds propres ? mécènes ? partenaires ? levée de fonds ? petite équipe ?) ?

Romain : J’ai pour la première fois eu l’idée en terminale du lycée (2006). On était à Carnot avec Yun (co-foundateur), et on passait le plus clair de notre temps libre à la Fnac pour lire des mangas, faire du dessin ou de la musique. J’étais plus le spectateur et lui l’artiste, et c’est en observant sa volonté de se professionnaliser dans le dessin ou la musique que j’ai pu voir ses difficultés immenses, malgré son talent et les moyens de communication modernes.

C’était le début de Facebook en France, et j’y ai clairement identifié une opportunité pour l’art : connecter artistes, public et organisations culturelles, pour leur permettre d’accéder à un réseau aujourd’hui fragmenté, et de développer leur carrière ou leur vie culturelle. Facebook ne proposait pas d’outil de découverte de contenu, mais reposait sur les principes de bases qu’il nous fallait: l’échange, l’accessibilité, le lien social. Notre rêve était donc de permettre à des artistes émergents comme Yun d’accéder à la visibilité qu’ils méritent, et de leur offrir des opportunités pour réussir là où aujourd’hui moins 1% des artistes réussit.

On a donc démarré à 2 puis je suis allé à Dauphine, Yun à Paris 8, et on a continué de réfléchir à ce projet. On a réuni une petite team en 2008 en même temps qu’on était en cours, et on a commencé à créer Kre’Art. La philosophie d’Artbeat était déjà là, mais le projet est resté à l’état embryonnaire jusqu’en 2011, où je suis parti à New York, et où j’ai rencontré Takashi. C’est à ce moment là qu’on a décidé de relancer le projet. On a créé la boite en 2012 à 3, Yun, Takashi et moi, avec 30 000€ d’apports et on a commencé à assembler une équipe (4 développeurs: Mallory, Laurent, Antoine, Pascal // 2 designers: Marvin, Nathan // et quelques autres consultants) pour développer le site et nos activités hors ligne. On a lancé la Alpha en Juin 2013, puis la Bêta en Novembre, coïncidant avec une levée de « love money » de 79 000 €, qui nous ont permis de lancer la V1 en Février 2014 à l’Institut Français de la Mode.

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Marine : Ça représente quoi l’organisation d’un évènement comme Into the wild ? en temps quotidien ? en durée totale ? en recherche de partenaires ? Vous espérez quoi comme retombées ? de la visibilité ? un nombre d’adepte plus accru ?

Romain : L’organisation d’un évènement comme IntoTheWild prend clairement beaucoup de temps et d’énergie. C’est bien sûr stressant, mais excitant aussi, et en s’organisant comme il faut on a pu réduire le stress et la fatigue associée pour en profiter au max ! Toute l’équipe s’y est attelé à différents niveaux d’investissement, en plus du rôle de base de chacun. L’expo était prévue 3 mois avant, le lieu réservé 2 mois avant, le « Line-up » des concerts 1 mois et demi avant, et ensuite tout s’accélère jusqu’au jour J pour gérer la Logistique, la Communication / Branding, la recherche de partenaires etc.

Les évènements comme Intothewild ou d’autres qu’on a pu faire à NYC présentent plusieurs intérêts :
– promouvoir les meilleurs artistes émergents inscrits sur Artbeat -> opportunité concrète au delà du social média
– établir notre marque / label sur le marché et dans l’esprit des artistes et du public -> branding, communication, sensibilisation, visibilité, croissance
– implémentation du business model -> Artbeat veut devenir le premier « social label » (social media art label), mêlant présence en ligne et hors ligne. La plateforme offre de l’accessibilité, de la visibilité, centralise l’activité culturelle, et nos services « d’agence / label » permettent de promouvoir et de « marketer » les talents les plus prometteurs. On teste donc des moyens pour mettre en place la connexion physique / virtuelle, et commencer à monétiser (vente de tickets, de produits / services, co-branding, etc.)

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Marine : Vous avez été satisfaits du déroulement de la soirée ?

Romain : Il y a eu quelques ratés, mais mineurs par rapport à la réussite globale de la soirée ! On est très satisfait, les artistes et le public étaient ravis. On a fait une forte première impression, et c’est très important pour notre succès à venir !

On a pu forger de très bonnes relations avec le Petit Bain et les artistes présents, qui souhaitent tous retravailler avec nous, et nous ont partagés des commentaires très positifs et constructifs.

Le seul point « négatif » était qu’on aurait dû mieux prendre en compte l’heure de coucher du soleil pour la programmation des concerts. 20h c’était trop tôt, du coup beaucoup de monde est resté en terrasse. Sinon c’était top !

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Marine : Il y a quoi après Into the wild ?

Romain : Après IntoTheWild, beaucoup de choses sont prévues ! On va commencer par faire du grand ménage sur la plateforme www.artbeat.net pour améliorer la compréhension de notre positionnement, simplifier l’utilisation des différentes fonctionnalités, et renforcer le lien online/offline. On va finaliser la V1 de l’application mobile pour iOS, contenant le cœur des fonctionnalités sociales d’Artbeat. On va aussi continuer la recherche d’investisseurs / business angels aux USA et en France (passage à San Francisco et NY), et structurer mieux l’entreprise pour amorcer la croissance. On a un bon retour d’expérience sur les mois précédents, ce qui va nous permettre de nous focaliser sur l’essentiel. Et bien sûr, on va préparer de nouveaux évènements !

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Marine : Y a t-il un moyen aujourd’hui pour que nous les “particuliers” puissions investir dans Artbeat ? Un nouveau Kiss Kiss Bank Bank ? Une “cagnotte” ?

Romain : Nous allons ouvrir une nouvelle phase d’investissement privé pour que les « particuliers » puissent investir à nouveau (on en a fait une il y a quelques semaines), le temps qu’on signe un deal avec des gros investisseurs en France ou aux USA. On fera peut être un autre KKBB aussi, mais nous le préparerons plus en amont pour qu’il donne vraiment envie !

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Marine : Quel âge avais tu au début du projet ? et aujourd’hui ? Que voudrais-tu dire à tous les jeunes qui ont des rêves de projets ou de création de société et qui ont un peu peur de se lancer, qui n’osent pas ?

Romain : Au tout tout début du projet j’avais 17 ans, ensuite 22 quand on l’a relancé officiellement et 24 aujourd’hui !

Entreprendre est loin d’être facile, et seule une minorité de start-up a un succès fulgurant, la plupart trime et évolue pendant des années avant de devenir un succès, surtout dans le Web. Cependant, quelques soient les difficultés, si c’est pour accomplir un rêve, ça vaut le coup ! Personnellement, j’ai décidé de foncer parce que je suis convaincu qu’on va réussir, et que je le regretterai toute ma vie si je ne le faisais pas !

D’autres ont réussi avant nous, alors pourquoi pas nous aussi ?

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Je terminerai sur une citation de Goethe qui résume assez bien ma façon de penser :

« Quoique tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie ».

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Marine

27 ans et toutes mes dents (non), je confesse une addiction sévère aux fringues à rayures, à Eric Clapton, aux séries US/UK et aux tomates mozza. Chocolat est mon deuxième prénom. Je voue un culte obscur à Hot Shots, Veronica Mars et Mamma Mia le film. A part ça, je vais bien, promis!

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